Christophe Terroine : Un champion du monde à Bétheniville

Un champion du monde à Bétheniville

Le 9 septembre dernier, Christophe TERROINE est devenu champion du Monde du marathon en roller de vitesse. Rencontre avec cet athlète au beau maillot arc en ciel.

maillot arc en ciel 2018.jpg

Fiche Technique

NOM : TERROINE

Prénom : Christophe

Date de naissance : 14 Juillet 1978

Lieu de naissance : Reims

Pays : France

Vit à : Bétheniville (51)

Premier pas sur les patins à l’âge de : 8 ans

Catégorie : Master (actuel)

Etudes : Viticulture

Travail : Magasinier chauffeur-livreur

Point fort : Rouleur

Point faible : Sprinteur

J’aime : Le champagne et la tartiflette

J’aime pas : les prétentieux (j’en connais un paquet !!)

Qualités : généreux (un peu trop des fois…)

Défauts : beaucoup ce serait trop long….

Club/Equipe : REIMS PATINAGE DE VITESSE (RPV)

2 – A quel âge as-tu début le roller ?

Très tard, je me suis beaucoup cherché étant ado. J’ai pratiqué beaucoup d’autres sports avant de me trouver dans le roller. J’ai chaussé très régulièrement vers l’âge de 23 ans pour participer aux randos nocturnes du vendredi soir à Reims.

3 – Qu’est-ce qui t’as fait choisir la course ?

C’est parti d’une proposition d’un ami qui voulait faire une équipe pour les 24 h du Mans. Je trouvais l’idée un peu folle mais çà m’a plu. Nous voilà partis dans l’aventure et une fois dans la course j’ai vu ces patineurs élites avec leur technique et surtout la vitesse à laquelle ils roulaient. JE trouvais çà fou !! C’était magnifique à voir. Je suis tombé sous le charme et me suis dit qu’il fallait que je me lance dans cette discipline.

4 – Parles-nous de ton parcours dans le monde du roller

J’ai 23 ans, je rentre de ma première participation aux 24 h du Mans et je décide de me lancer dans la vitesse. Je change direct de patin, cherche un vrai club de Roller de Vitesse qui sera celui de Vandoeuvre près de Nacy (RSV). Il n’y avait pas de club de vitesse à Reims. J’y serais licencié durant quelques années entrainé Anne Romary qui m’envoie les programmes par mails. Je participe à mes premières courses et m’aperçois que mes résultats ne faisaient que de monter. Je cours sur des semi-marathons à l’époque puis passe très sur les marathons (j’ai besoin de rouler plus….21 kms, c’est finalement trop court). Je m’entraine énormément par mimétisme au début, car personne pour me corriger techniquement sur place. J’essaie d’imiter les « grands » du moment : Les Briand, Cardin, Loy, Gicquel…Je décrypte leur technique, çà m’aide beaucoup. Je progresse et j’arrive rapidement à passer en catégorie Nationale sur la FIC (French Inline Cup). JE fais quelques belles saisons, ce qui m’amène à prendre la 16è place en coupe de France catégorie nationale.

En 2009, je mets une parenthèse au roller car je suis jeune papa. Nous venons de faire construire une maison où il reste beaucoup de choses à faire et n’ai plus le temps de m’entrainer.

Six ans vont passer et durant ma coupure, je découvre le club de short-track de Reims, j’y prendrais une licence de glace et pratiquerai régulièrement. En parallèle, je remonte sur les rollers et en Octobre 2015 je participe à mon premier Championnat de France Marathon Masters où je finirai 16ème.

A la suite d’un pari un peu fou, on décide avec un ami (Benoît) qui deviendra mon partenaire d’entrainement d’essayer d’intégrer l’Equipe de France Master. A la suite de çà, on aura l’aide d’une coach (qui n’est autre que ma belle-sœur Anne Romary) pour la préparation physique. On met le paquet sur la l’entrainement et avec la motivation au taquet, les résultats en courses ne se font pas attendre. A la fin de la saison 2016, je suis 3ème Master de la coupe de France marathon et ai eu l’occasion de faire quelques podiums durant la saison. En 2017, on atteint notre but en recevant 2 sélections nationales pour les Championnat d’Europe et du Monde Master où je fais respectivement 3ème et 10ème. Mais cette saison fût aussi riche en chutes dont une assez grave sur la dernière course de l’année qui me coûte 3 mois d’arrêt de travail et plus de 60 séances de kiné pour remettre mon coude et mon épaule droite en état.

Je reprends la saison 2018 motivé et là, les victoires s’enchainent. Je deviens Champion Régional, Vice-Champion de France du 5 000m à point, Vainqueur du Marathon de Rennes et de Dijon, Vainqueur des 24h du Mans Roller équipe Masters et, cerise sur le gâteau, Champion du Monde Master 2018 en U50. Et à ce jour, il me reste encore le Marathon de Lyon et les France Marathon à courir.

5 – Que fais-tu dans la vie ?

Aujourd’hui, j’occupe un poste de magasinier chauffeur-livreur dans une entreprise fabriquant des coiffes de surbouchage qui me plait bien car je suis en contact avec la clientèle de l’entreprise.

6 – Qu’est-ce qui t’as amené à participer en Suisse ?

Déjà l’envie et la fierté de porter à nouveau la combi nationale. La sélection en équipe de France était un de mes objectifs majeurs du début de saison. Et cette course, c’était les Championnats du Monde !!!C’est à dire la course où se retrouve les meilleurs patineurs masters de la planète. Donc venir se confronter à ces patineurs étaient le moyen de savoir où l’on se situe au niveau mondial, et également de faire une meilleure performance que ma 10ème place de l’an passé sur les mondiaux masters en Italie.

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7 – Peux-tu raconter ta course ?

La veille de la course, un briefing est fait pour parler un peu tactique de course, avec plusieurs scénarios envisagés. On nous avait conseillé de rouler par binôme pour avoir plus de chance de se trouver dans la bonne échappée, si échappée il y a. Nous sommes 5 Français en sélection France + 1 supplémentaire qui roule en individuel et qui apportera son aide dans la course.

Après un bon échauffement, le départ de la course est donné. Je me retrouve tout de suite en tête de course. Je mène une allure raisonnable (30-35 km/h de moyenne). Sur la 1ère moitié de course, pas grande chose ne se passe, plusieurs attaques de notre part seront porter à tour de rôle pour voir qui ou quelle nation répond le plus.

Au passage dans St Moritz (la course est un ville à ville en ¾ faux plat descendant avec une difficulté majeur de 3 km environs au 21ème km), je profite d’un petit secteur un peu plus technique pour lâcher un pétard dans la course et essayer d’écrémer le peloton sans succès. Je rentre dans les roues et récupère un peu … Ça tombe bien car on aborde la plus longue descente de la course. Petite pointe à 73 km/h au GPS. Puis en bas, on retrouve du plat avant d’aborder la difficulté du parcours. Je suis bien placé en 6-7ème position lorsque l’on attaque la bosse de 3 km. Un équipier français mène le peloton et imprime un rythme modéré. A mi-bosse environ, un Espagnol accélère un peu, passe en tête et creuse un petit trou. Benoit (mon partenaire d’entrainement qui est également en sélection) décide de lui emboîter le pas et le rattrape assez rapidement. Je passe la tête sur le coté pour juger de la distance qu’ils ont pris et m’aperçois que le trou fait par l’Espagnol s’accroit. Je me dis que c’est peut-être le moment d’en remettre une bonne dose. Je déboîte et lance une grosse accélération, je roule sans me retourner puis rejoint Benoît et l’Espagnol. Au passage je lâche à Benoit « Viens, on y va ! on y va ! » assez fort pour que l’Espagnol comprenne qu’il fallait être avec nous. Je me trouve en tête en haut avant de faire demi-tour à un petit carrefour, et repartir plein gaz dans la descente. Finalement en faisant demi-tour je m’aperçois que l’on est 4. Deux Français et deux Espagnols. C’est pas mal. Pour les relais à 4, c’est toujours mieux que de partir au suicide à deux. En bas de la bosse, on a creusé un bon trou, mais on n’a pas le choix que de rouler si on ne veut pas voir revenir le peloton. On part pour 13 km restant à relayer, mais à 3, car un des Espagnols reste derrière (on va se méfier…) Ça roule fort, 41km/h minimum de moyenne sur GPS, on arrive à 5 km de l’arrivée, on est déjà bien entamé, c’est dur pour Benoît. Moi ça va à peu près. On se méfiera de l’autre Espagnol car il est très propre techniquement, il a l’air assez facile. Au panneau 2 km, je dis à Benoît « 2 bornes mec !  On va au bout !!! »

On arrive au « km » et les positions sont : Benoît, l’Espagnol (qui n’avait pas beaucoup pris de relais), moi et l’autre Espagnol en 4. A 800m, l’Espagnol devant moi lance le sprint. Benoît craque mais m’encourage à fond. Je suis dans les roues de l’Espagnol et l’autres dans les miennes.

A 50m, je décale à droite et pousse tout ce que je peux sur mes roues. L’autre Espagnol décale, lui, à gauche mais peut être un peu tard. A quelques mètres de la ligne je me dis « C’est pour moi ! c’est pour moi ! » et la ligne est passée. C’était bien pour moi. Enorme moment de libération j’explose tellement que j’en perds quelques cordes vocales. C’est un moment magique que je partage avec mon pote en plus.

8 – Quelle était l’ambiance sur place ?

L’ambiance sur place fut excellente. Caroline JEAN la nouvelle coach de l’équipe de France Masters à parfaitement su créer une cohésion de groupe. Nous nous sommes tous retrouvés la veille de la course pour un briefing sur les différents scénarios envisageables et la conduite à tenir pour mener à bien l’issue de la course. Qui s’est avérée être payante. Pour la cérémonie des podiums, le collectif France était derrière ses médaillés et ont chanté en chœur 2 Marseillaises (titres en U50 et U60) dans leur intégralité malgré les hymnes musicaux écourtés par l’organisation.

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9 – Ton palmarès ?

Saison 2016 :

  • Champion régional du 5 000 M à point et du 1 000 M
  • 3ème de la coupe de France master marathon roller
  • 6ème au championnat de France master marathon roller
  • 8ème au championnat d’Europe master marathon roller, et 5ème français (catégorie O30)
  • 2ème master sur une étape de coupe de France marathon roller ( Roll’athlon 103 kms)

Saison 2017 :

  • Champion régional Grand Est vétéran 1
  • 2 sélections en équipe de France master pour les Mondes et les Europes
  • 10ème au championnat du monde roller marathon (catégorie O30)
  • 3ème au championnat d’Europe master marathon roller, et 2ème français (O30)
  • 4ème de la coupe de France master marathon roller
  • 3ème au championnat de France master marathon roller
  • 3ème master sur une étape de coupe de France (Roll’athlon 103 kms)
  • 1er au 24 h du mans roller, catégorie master prestige (classement par équipes)

Saison 2018 :

  • Champion du Monde roller marathon master – catégorie U50 (St Moritz) – En séléction nationale.
  • Champion de France roller marathon master ( montendre)
  • Champion régional Grand Est Vétéran 1
  • Vice-champion de France du 5 000 m à points
  • Vainqueur du classement de la coupe de france
  • Vainqueur des marathons roller de Rennes et Dijon (Epreuve de la coupe de France)
  • 2ème master sur l’étape de la coupe de France : Roll’athlon 103 kms
  • 4ème master sur l’étape de la coupe de France de Lyon

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Emmanuel

Conseiller municipal de Bétheniville